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Compte sur moi
Combien d’écrans éblouissants
Combien de yeux combien de larmes
Combien de larmes à bout de charmes
Combien d’amants pas si charmants
Combien de sang combien d’enfants
Combien de dents et d’âmes grise
Combien de Dieux pendant les guerres
Combien de mères sous les aïeux
Combien de noms au cimetière
Combien de lait combien de bière
Combien de chiens et de misère
Combien d’idées et de chimères
Combien d’histoires qui font rires
Combien de légendes pour rêver
Combien de drames pour pleurer
Combien de bateaux, d’océans
Combien d’adieu, je reviendrai
Combien d’oubli et d’amertume
Combien de souvenirs, d’écume
Combien de lettres pour crier
Combien de je t’aime pour aimer
Combien de reviens, ne pars pas
Combien de promesse, d’Au-delà
Combien de cri de petits pas
Combien de bras autour du cou
Combien de mousse dans les bois
Combien de pipi dans les prés
Combien de bonbons chapardés
Combien de vélos défoncés
Combien d’échardes dans le doigt
Combien de poussière dans l’œil
Combien de soleil sur la peau
Combien de rouge combien de bleus
Combien de chut ! et d’amoureux
Combien de promesses et d’aveux
Combien d’étoiles sous les cieux
Combien de ciel dans tes yeux
Combien de jours pour t’aimer
Combien d’amour pour te garder
Combien de nuit pour te veiller
Combien de matin sans aurore
Combien de beauté, oui, encore !
Combien de mer combien de sel
Combien de forêts puis de miel
Combien de combien pour compter
Combien de temps pour exister
Combien de vie à espérer
Combien de contes pour rêver
Combien de rondes pour chanter
Combien de lunes combien de chats
Combien de cœur qui bat pour ça.
Combien de peur combien de joie
Compte sur moi pour être là
Compte sur moi pour être là…
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Les vieilles boîtes
Il y a le vieux papier à fleurs
Les cartes à jouer toutes écornées
Il y a toujours cette drôle d’odeur
Dans le vieux buffet de Mémé :
Les plumes Sergent major
Le collier de Médor
La boîte de cigares Cubains de l’Oncle Américain,
Avec du chocolat dedans, enfin, avant…
Il y a les hortensias en fleurs
Le vieux lavoir en plein midi
Il y a toujours cette drôle d’humeur
Dans le jardin les jours de pluie :
Toujours ce vent du Nord
La niche de Médor
La boîte de café rouillée de mon pépé Gapé
Y’avait de la ficelle dedans, enfin, avant…
Il y a le petit vélomoteur
Les grands cyprès qui ont grandi
Il y a toujours cette drôle de peur
Qui me prend dès que je conduis :
Elle s’appelait la Galopante
C’était une sacrée pente !
La boîte de soldats de plombs que m’a donnés Tonton
A toujours ses soldats dedans, enfin ! J’les prends…
Il y a ses robes de couleurs
Le vieux Chinchilla élimé
Il y a toujours cette drôle de sœur
Sur la photographie fripée :
Qui pose souriante
C’étaient les années 30
La boîte de velours jaunie depuis qu’ils sont partis
Contient toujours ma première dent. Enfin, les dents…
Il y a mon père enfant de chœur
Les gants du cuir tout desséchés
Il y a toujours cette drôle de lueur
Dans ses yeux quand il est pressé :
Toujours son vieux chapeau de paille
Ma baignoire en émail
La boîte de médicaments contre le mal de cœur
Est périmée depuis longtemps. Tant pis, j’en prends…
Il y a le vieux papier à fleurs
Les cartes à jouer toutes écornées
Il y a toujours cette drôle d’odeur
Dans le vieux buffet de Mémé…
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J'ai peur
J’ai peur !
Peur de la maladie
Peur des souris
Peur des soucis
De toutes les tracasseries, de la vie
J’ai peur !
Peur de tous mes voisins
Peur du lointain
Peur des gamins
De tout ce qui traverse, mon chemin
J’ai peur !
Peur des mauvaises odeurs
Peur du malheur
Peur de la peur
De tout c’qui contrarie, mon bonheur
J’ai peur !
Peur de la météo
Peur des infos
Peur du boulot
De tout même du tirage, du Loto
J’ai peur !
Peur de leur dire bonjour
Peur de l’amour
Peur pour toujours
De tout ce qui vaudrait, le détour
Je meurs
Par la peur de la vie
Oui j’obéis
A l’amnésie
Qui envahit mon cœur, nostalgie !
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Candy
J’ai toujours mal au dos
Je suis très fatiguée
Je suis mal dans ma peau
Depuis que je suis née
J’ai des palpitations
En sortant du docteur
De drôles de sensations
J’entends battre mon cœur !
Au pays de Candy, et de l’Hypocondrie, on s’abuse, on pleure, on crie,
il y a des méchants et des ennuis.
Et dans les moments difficiles, avoir un psy c’est très utile !
J’ai le mal de terre, j’ai le mal de l’air, j’ai le mal de mer,
J’ai le mal du pays (pourtant je suis d’ici)
Je ne sais pas qui je suis
J’ai des douleurs dentaires
Entre les omoplates
J’ai la tête à l’envers
Et puis j’ai les mains moites
Je vais bientôt mourir
D’une affreuse maladie
Et demain ça s’ra pire
C’est moi qui vous le dit
J’ai le mal de terre, j’ai le mal de l’air, j’ai le mal de mer,
J’ai le mal du pays (pourtant je suis d’ici)
Je ne sais pas qui je suis, je ne sais pas qui…
Au pays de Candy, et de l’Hypocondrie, on s’abuse, on pleure,
on crie, il y a des méchants et des ennuis.
Et dans les moments difficiles, avoir un psy c’est très utile !
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Dilemme
Dilemme. Dis, l’aimes-tu ?
Pourquoi tu te tues et te rues
Sur le passé passé, pour à jamais
Ne jamais jamais, l’oublier ?
Pleures-tu ta vie mon cœur ?
Dilemme entre toi et même
Dilemme entre eux deux, pour le même Tu
Petite mort,
Petit miroir qui se dédouble
Au lieu de refléter.
Le cœur bat des coups en deux.
Tout est si bien que j’aime une fois,
Sûre d’eux.
Dilemme de moi qui aime le Tu
Me pardonnes-tu, Moi, entre eux- deux
Toi, moi, vous deux qui ne jamais
A jamais vous rencontrerez…
Pas de dilemme pour les étrangers
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Malville
Quand je pense que je meure sans haine,
Tous les jours et sans fredaines,
Sous tes remparts et dans tes murs,
Ô toi Paris, où règne la longue bavure de la voiture !
J’suis comme un légumes cuit
Au milieu d’un grand potage
Lorsqu’à presque minuit
J’marine encore dans un embouteillage.
Voitures, c’est la torture,
Ma benne demeure en peine.
Alors/
J’actionne mon klaxonne sans peine,
Délaisse mon transport commun (de particulier mondain)
Et je cours, cours, jeter mes restes
Jusqu’aux méandres méli-mélo du métro tord-boyaux.
Je sens qu’j’ai plus de crédits
Pour la suite c’est dommage,
Mais dès 7 heures et demie
Je retourne à l’état sauvage ! (crash)
Voitures, faut plus qu’ça dure,
Ma benne demeure en peine
Et la morale de cette histoire aux cent déboires,
Est que quand on s’encanaille de quintaux de quincaille
Sans prendre garde à son âme de légume qui déraille,
On finit pissenlit puis sans vie dans un hosto pas rigolo !
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Ombre blanche
C’était déjà hier
Que tu nous as quitté
Sans jamais, te retourner
Mais tu fus la première
A refaire marche arrière
Sans l’avis de mon passé.
Comme un chat blanc,
Comme une ombre positive,
Comme un fantôme content,
Tu es là, vibration lascive,
Mon amour, mon tendre enfant.
Depuis tu es partout
Cachée comme un hibou
Dans mon âme pleine de trous
Tu sens toute ma haine
Tu vois toute ma peine
Le pire c’est que j’y prends goût.
Comme une évanescence
Qui trouble ton absence
Tu angoisses le silence.
Mais ce froid me fait du bien
Je sens que tu me tiens la main.
Comme un chat blanc,
Comme une ombre positive,
Comme un fantôme content,
Tu es là, vibration lascive,
Mon amour, mon tendre enfant.
Alors, tu restes chérie ?
Mon ange, murmure-moi oui
Car même si tu n’es pas en…
Vie, fantôme d’amour fou
La mort, c’est rien du tout
Fantôme d’amour fou
La mort c’est rien du tout.
Comme un chat blanc,
Comme une ombre positive,
Comme un fantôme content,
Tu es là, vibration jubile !
Mon amour, je t’aime tant.
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Tournesols
Dans un champ illuminé
De soleils en brochettes
Sa vie s’était ajournée
Comme la fin d’une amourette,
Comme un diable incestueux
Qui baise avec le bon Dieu.
C’est alors que j’ai vu naître
Dans ce champ de Tournefêtes
La nébuleuse inversée
De l’image du trépassé,
Qui me plongea dans le noir
De la mort dans les mémoires.
Dans un champ plein de faucilles,
Les blés ont été coupés,
La mort a cette sale manie,
De ne jamais rien laisser,
Qu’un petit tas de poussières
D’amour et puis de chimères.
C’est alors que j’ai compris
Dans ce champ de Tournamour
Qu’un tournesol dans sa vie
C’est à pleurer pour toujours,
C’est regretter le doux temps
De la vie d’un autre chant.
Lalalalalalala
Lalalalalalala
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L'appétit
J’ai faim d’avoir envie
D’espérer le meilleur
De crier de bonheur
J’ai faim de l’appétit.
J’ai faim de la lumière
Qui fait la charité
Avec ses jupes ambrées
Sur toutes les misères.
J’ai faim de l’idéal
Qui enflamme la vie
Sous les coups de fusils
Pour la victoire finale.
J’ai faim des soirs d’été
Qui tombent les ombres
Sous le rideau sombre
Des senteurs étoilées.
Faim de l’éternité
Que je sens dans mon ventre
Et dans lequel tu tends
Ton désir d’y goûter.
J’ai faim des petits matins…
Faim de toi mon amour…
J’ai faim de l’énergie
Qui coule dans nos veines
Et nous tiens en haleine
… Comme par magie.
J’ai faim des oiseaux
Du soleil et du temps
Ils chantent sous le vent
Ecoute, … c’est beau.
J’ai faim d’avoir envie
D’espérer le meilleur
De crier de bonheur
J’ai faim de l’appétit, oui.
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Berceuse
C’est l’histoire d’une souris
Qu’avait rien dans la vie
Qu’un petit peu de blé
Pour planter ses projets :
D’aller voir la lune
De gagner des thunes
De se teindre en brune,
De se faire croquer de temps en temps
Et d’aller voir Mamie d’Pain qui pense à rien.
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Les gens
J’aime les gens
Ceux qui font attention
Car ils prennent le métro
Malgré tous ces clodos
Il y a tellement de pollution.
J’aime les gens
Les gentils bourgeois
Ceux qui vont à Carrefour
Acheter la crise du jour
L’Arabe du coin ? Il me tutoie !
J’aime les gens
Qui mangent du foie gras
En laissant la télé
Car il faut pas rater
Cette "Césaria Evora".
J’aime les gens
Quand ils sont polis
Ils serrent toutes les mains
Et puis se tiennent bien
Sinon la Société, c’est pas joli-joli…
J’aime les gens
Ceux qui y croient fort
Les flics et les politiciens
Et même les zinzins
Z’ont tous raison, les autres ont tort !
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Chassé croisé
J’ai vu des gens émus, tout nus
Qui s’embrassaient sur le quai.
J’ai vu les bouches qui se tordaient
Les yeux qui rougissaient.
J’ai vu les larmes qui coulaient
Les doigts qui se touchaient
J’ai vu les bras qui embrassaient
Les regards qui regardaient.
Oui, j’ai vu tout ça
Sur ce quai
Ils s’aimaient, ils s’aimaient.
Et puis des gens regardaient
Ces gens qui pleuraient, qui pleuraient.
Je les ai vus, émus, tout nus
Qui s’embrassaient sur le quai.
Et j’ai vu mon cœur qui partait sur ce quai
Avec ces enfants qui s’aimaient.
Avec ces adieux et ces regrets,
Ma jeunesse qui s’en allait.
J’ai vu ma jeunesse qui mourrait
Et mon cœur se serrait, se serrait…
Et j’ai vu ces gens qui regardaient
Qui voyaient que je pleurais.
Oui j’ai vu tout ça
Un long quai nu, tout nu
Vide, comme mon cœur ému
Et j’ai vu que les gens qui regardaient,
Oui ces gens, pleuraient aussi
De me voir si nue.
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